C’est le plus récent des tombeaux royaux, mais le seul aussi à renoncer à l’architecture chinoise. En fait, ce tombeau est un délire architectural où se mélangent des styles occidentaux et orientaux. Mais il est à l’image de ce petit roi, célèbre pour ses goûts particuliers et son ostentation. Il aimait se parer d’une montagne de bijoux, avec notamment une énorme bague à chaque doigt, et dessinait lui-même ses robes d’apparat : De style traditionnel vietnamien, mais avec des épaulettes militaires européennes et des bottes militaires… Khai Dinh régna de 1916 à 1925, fut l’avant-dernier roi de la dynastie Nguyen (il était le père adoptif de Bao Dai). Impressionné par l’occident au point de se faire construire un monument funéraire à la gloire du béton et sans le moindre parc paysager, il ne vit pas l’achèvement de sa folie, achevée seulement en 1931, au bout de 11 ans de travaux. Situé à 10 km de Hué et à 2 km de la rive droite de la Rivière des Parfums, le tombeau de Khai Dinh se dresse sur une colline offrant une vue panoramique sur les autres collines. L’une d’elle porte une imposante statue de la déesse Quan Am. Le tombeau s’étage sur une colline par plusieurs terrasses. Une première volée de 36 marches nous fait accéder à la première terrasse, entourée de temples secondaires. Encore 26 marches et nous atteignons la cour d’honneur. On trouve les inévitables statues en pierre de mandarins, mais si vous vous étonné de leur taille modeste, on vous répondra que oKhai Dinh ne mesurait que 1,40 m et n’aurait pas supporté des statues plus grandes que lui. Le pavillon de la Stèle se trouve sur cette même terrasse. Il ne reste plus que 47 marches pour atteindre la terrasse supérieure où se trouve le mausolée. C’est un bâtiment extraordinaire par sa décoration intérieure. On remarque tout de suite sur les murs une décoration faite de débris de céramique, de tessons de bouteilles. On y a représenté des fleurs, des arbres, des animaux, le tout étant censé représenter les quatre saisons. On dit que l’on fit venir des porcelaines des quatre coins de l’empire et que les artistes les cassèrent sur place à leurs mesures. Le plafond de la salle de culte est décoré d’un immense « dragon dans les nuages ». Le trône est surmonté d’un dais de béton pesant une tonne. Le roi est représenté par une statue grandeur nature, en bronze doré, fondue en France en 1922. La tombe que nous voyons n’est la vraie. La vraie est enfouie à 18 m sous cette salle. Le roi avait peur des vandales.

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