Au bord de la rivière des Parfums, le marché Dong Ba est l’endroit où vous sentirez le mieux battre le pouls de la ville. Avec les grandes artères et les petites ruelles touristiques de la rive sud, et la citadelle silencieuse au nord, Hué ne prend que véritablement vie à cet endroit et il ne faudrait pas manquer de vous y perdre quelques heures. À l’extérieur, fruits et légumes en pyramide à même le sol, les étals colorés s’entassent les uns contre les autres. Avec la proximité de la rivière, celui-ci est recouvert de grandes flaques brunes qui rajoutent de la boue à l’anarchie générale. Là où les eaux font un coude, un quai de bois a été ajouté où les bateaux se pressent de décharger leurs provisions. C’est le marché aux poissons, qui, plongé dans l’obscurité de son auvent humide, diffuse ses odeurs maritimes dans un brouhaha constant. Les poissons sautillent dans les bassines tandis que l’argent passe de main en main et qu’un sentiment de dépaysement complet envahit les rares visiteurs étrangers. On en ressort déboussolé pour mieux pénétrer dans ces ruelles que forment les rangées d’échoppes et arriver jusqu’au marché couvert, véritable caverne d’Alibaba. Les marchandises s’empilent du sol au plafond. Là, des épices, ici des tissus, entre les deux des casseroles… Vous voici dans une immense caverne que les lumières des néons ne rendent que plus brumeuse. Ici, pas de vraiment de souvenirs à acheter, mais plutôt des images à imprimer au fond de sa rétine. Il n’empêche que si vous y tenez, c’est le moment de tenter de percer les mystères de la négociation vietnamienne en essayant de vous trouver un chapeau poétique, un de ceux qui placés à la lumière révèlent l’ombre de jolies scènes de la vie quotidienne, une spécialité de la région.